5ème arrondissement

 

La Sorbonne

17, rue de la Sorbonne

"Tous ceux qui se sont présentés au baccalauréat dans l'Ancienne Sorbonne se rappellent les heures passées dans la vieille cour, tandis qu'on attendait de voir paraître la liste des admissibles ; on vaquait de long en large, anxieux et distrait... et l'œil s'arrêtait sur un grand et vénérable cadran solaire..."

Alphonse ALLAIS, février 1902

Le trois cadran solaire de 1254

    Fondé en 1254 par Robert de Sorbon, pour que les séculiers puissent y étudier la théologie, le Collège de Sorbon devient vite célèbre ; en 1554, il est le lieu des délibérations générales de la Faculté de Théologie. Le Registre des Prieurs nous informe que déjà un cadran solaire y marquait les heures.

Les trois cadrans solaires de 1676

     Lorsque le Cardinal de Richelieu devient le Proviseur de la Sorbonne, l'Abbé Jean Picard, astronome, membre de l'Académie des Sciences a dessiné, en 1676, trois cadrans solaires, un cadran méridional et deux cadrans latéraux, installés dans la Cour d'honneur.

Le cadran solaire de 1899

    En 1899, lorsque la Sorbonne de Richelieu est reconstruite, seul le cadran méridional est transporté sur les nouveaux bâtiments et placé là où il se trouve actuellement, en haut de la façade méridionale de la cour d'honneur, à environ 15 m au-dessus du sol.

    C'est un grand cadran majestueux, légèrement déclinant de l'après-midi. Il est surmonté d'un plein cintre, la frise courbe qui relie les pieds-droits donne l'impression d'une voûte céleste. Sur elle, dans un bas-relief doré, évolue Phébus conduisant le char du Soleil. Au-dessous émerge un Soleil rayonnant, chaque rayon donne la mesure du temps et, dans le bas, un bas relief en bronze représente deux allégories ailées prenant, au compas, les dimensions de notre planète.

    Sur le socle qui la soutient est inscrite, en chiffres romains, la date de la restauration :

MDCCCLXXVI

1876

 

La devise est inscrite autour de la corniche en haut :

SICVT UMBRA DIES NOSTRI

Nos jours fuient comme l'ombre.

      Rectangulaire en hauteur, mesurant 3,90 x 1,40 m, il est gravé et peint dans la pierre. Son centre est au-dessus de la frise. Les 10 lignes horaires en traits pleins partent d'un arc de cercle pour aboutir aux marges latérales ou au motif de la base ; les 10 lignes des demi-heures sont en pointillé ; l'équatoriale est légèrement ascendante. Entre les lignes XI et I, sont tracées 11 arcs diurnes, le 21 de chaque mois et pour une date intermédiaire moyenne, sauf à l'approche du Solstice d'hiver. Les 21 de chaque mois sont inscrits. Les chiffres sont romains : VIII - XII - V.

    Le style, de conception rare, est un disque percé de 4 trous, de 10 mm de diamètre, dont les centres occupent les sommets d'un carré de 15 mm de côté.

    Il est visible de la cour d'honneur, ouverte en semaine.

    Le cadran oriental a été donné à l'Observatoire de Nice, où l’on peut toujours le voir, bien qu'il soit orienté vers le Nord.

   Le cadran occidental a disparu.

Cadrans solaires de Paris, p. 90-81