Sauf indication contraire, les heures sont données en Temps Universel (UT). Ajouter 1h (heure d'hiver) ou 2h (heure d'été) pour obtenir l'heure légale en usage en France. Le Temps Terrestre (TT) dont il est fait mention dans le tableau s'apparente au Temps Dynamique (TD) et diffère peu du Temps Universel (TT - UT = 64s en 2001).
Faisant immédiatement suite à l'éclipse totale de Lune du 16 juillet 2000, la plus longue au cours du XXe siècle, l'éclipse totale de Lune du 9 janvier prochain va donner lieu à un record qui, bien que ne figurant pas au "Guinness", n'en demeure pas moins remarquable. En effet, le 9 janvier 2001 vers 22h48, une dizaine de minutes avant la sortie du cône de pénombre de la Terre, la "pleine" Lune sera la plus lumineuse parmi les 1237 occurrences que compte le XXIe siècle. Rarement son éclat, que les astronomes expriment par la magnitude de l'astre, aura atteint une telle valeur (magnitude 12,802 pour un observateur hypothétique situé au centre de la Terre) ; il faut en fait remonter au 30 décembre 1982 pour trouver un spécimen plus lumineux. En pratique, cela signifie qu'à aucun moment au cours de ce siècle, l'éclairement produit sur un plan (feuille de papier) orienté face à la Lune ne sera plus intense qu'en cette nuit d'éclipse.
Ce phénomène est dû à la conjonction de quatre événements qui, pris indépendamment les uns des autres, n'ont rien d'exceptionnel : pleine Lune (9 janvier 2001 à 20h24), Lune au voisinage du point où l'orbite lunaire recoupe le plan de l'orbite terrestre (nud ascendant de l'orbite atteint le 9 janvier 2001 vers 14h), Lune au voisinage du point de son orbite le plus proche de la Terre (périgée atteint le 10 janvier 2001 vers 9h à 357 130,2 km) et Terre au voisinage du point de son orbite le plus proche du Soleil (périhélie atteint le 4 janvier 2001 vers 9h à 147 097 000 km). La pleine Lune se produisant quasiment dans la direction anti-solaire, la nature pulvérulente du sol sélène provoque par réflexion une forte sur-brillance du disque lunaire (c'est l'effet de phase). Le système Terre-Lune étant au plus près du Soleil, ce dernier illumine notre satellite plus efficacement et, à égale distance de la Terre, la Lune nous apparaît alors plus brillante. Enfin, la Lune étant au plus près de la Terre, elle nous apparaît évidemment plus grosse, et sa luminosité, proportionnelle à la surface apparente du disque, s'en trouve accrue.
Pour être la Lune la plus lumineuse du siècle, la pleine Lune du 9 janvier 2001 n'en est pas pour autant la plus brillante du siècle : ce privilège est dévolu à des éclipses de Lune se produisant à proximité du point le plus éloigné de l'orbite lunaire (apogée) à la faveur de l'effet de phase. Mais en pareille circonstance, la Lune étant alors fort éloignée de la Terre, elle nous apparaît fatalement plus maigre, et sa luminosité s'en trouve sévèrement affectée.
Comble d'opportunisme, compte tenu des circonstances locales, en France la Lune sera particulièrement lumineuse : en tout début d'éclipse, vue depuis le centre de la Lune, notre pays se projettera tout près du centre du Soleil, facteur favorisant l'effet de phase. Cette fois, c'est vers 17h53, une dizaine de minutes après l'entrée de la Lune dans le cône de pénombre de la Terre, qu'il faudra saisir l'instant : la Lune atteindra ainsi à Paris une magnitude minimum de 12,869 ; mais étant alors basse sur l'horizon, c'est néanmoins vers 22h48, heure à laquelle la magnitude ne sera plus que de 12,826, que l'éclairement au sol sera maximum, en fait supérieur à 0,200 lux. Les caméscopes les plus sensibles pourront alors théoriquement filmer les scènes nocturnes à la lueur de la Lune sans recourir au moindre éclairage artificiel !
Pour des explications techniques rigoureuses, mais illustrées avec des valeurs numériques issues d'une modélisation grossière du cône de pénombre et parfois sujettes à caution, voir également la page Pleins Feux sur la Pleine Lune du Solstice sur ce site.
| Date |
Heure (TT) |
Distance Soleil-Terre (u.a.) |
Distance Terre-Lune (Rt) |
Phase (°) |
Magnitude visuelle "sur l'axe" |
Cor. mag. théorique phase mini. |
Cor. mag. effective phase crit. |
Magnitude visuelle théorique |
Magnitude visuelle effective |
Eclipse |
| 09-01-2001 | 20h 22m | 0,983376 | 56,0365 | 0,379 | 12,9279 | +0,0349 | 12,8930 | T | ||
| 22h 48m | 0,983380 | 56,0204 | 1,480 | 12,9286 | +0,1270 | 12,8016 | N | |||
| 21-01-2019 | 5h 13m | 0,984003 | 56,0852 | 0,376 | 12,9247 | +0,0346 | 12,8901 | T | ||
| 7h 40m | 0,984012 | 56,0662 | 1,480 | 12,9254 | +0,1270 | 12,7984 | N | |||
| 29-11-2096 | 21h 22m | 0,986371 | 55,9119 | 1,535 | 12,9262 | +0,1277 | 12,7985 | N | ||
| 21h 21m | 0,986371 | 55,9115 | 1,535 | 12,9262 | +0,1279 | 12,7983 | N | |||
| 31-01-2037 | 14h 02m | 0,985256 | 56,1426 | 0,369 | 12,9197 | +0,0340 | 12,8857 | T | ||
| 16h 28m | 0,985270 | 56,1206 | 1,480 | 12,9205 | +0,1270 | 12,7935 | N | |||
| 19-11-2078 | 12h 40m | 0,988377 | 55,9276 | 1,548 | 12,9212 | +0,1287 | 12,7925 | N | ||
| 12h 39m | 0,988377 | 55,9269 | 1,548 | 12,9212 | +0,1288 | 12,7924 | N | |||
| 11-01-2009 | 3h 44m | 0,983396 | 56,1266 | 1,642* | 12,9244 | +0,1355* | +0,1355* | 12,7889* | 12,7889* | |
| 22-01-2027 | 12h 35m | 0,984141 | 56,0757 | 1,648* | 12,9247 | +0,1359* | +0,1359* | 12,7888* | 12,7888* | |
| 10-11-2087 | 12h 06m | 0,990474 | 55,9724 | 0,209 | 12,9148 | +0,0196 | 12,8952 | T | ||
| 14h 35m | 0,990450 | 55,9627 | 1,480 | 12,9152 | +0,1270 | 12,7882 | N | |||
| 30-01-2010 | 6h 03m | 0,985050 | 55,9112 | 1,720* | 12,9291 | +0,1411* | +0,1411* | 12,7880* | 12,7880* | |
| 01-02-2045 | 21h 24m | 0,985397 | 56,0326 | 1,654* | 12,9236 | +0,1364* | +0,1364* | 12,7872* | 12,7872* | |
| Les lignes en bistre mentionnent des valeurs purement théoriques obtenues en faisant abstraction du phénomène d'éclipse (Terre ponctuelle ne portant pas ombre) issues des éphémérides professionnelles. En pratique, seules les lignes en noir sont à prendre en considération. | ||||||||||
| La phase critique est celle pour laquelle la perte de luminance due à l'occultation du disque solaire vue de la Lune intégrée sur tout le disque lunaire compense exactement le gain de luminance résultant de la diminution de l'angle de phase. La luminosité est alors maximale, car l'angle solide sous lequel se présente la Lune peut être considéré comme constant. Pour une éclipse suffisamment prononcée, cette phase critique (typiquement 1,480°) correspond à une grandeur dans la pénombre de l'ordre de 17% et à un gain d'environ 0,003 magnitude par rapport à la phase de contact avec la pénombre (1,575° pour une éclipse éligible). | ||||||||||
| Tous les calculs sont effectués pour un hypothétique observateur géocentrique. | ||||||||||
| Les astérisques (*) indiquent que la dernière décimale n'est pas significative. | ||||||||||
| En dernière colonne on trouve T pour totale, P pour partielle, N pour pénombre. | ||||||||||
N.B. : l'éclipse du 09-01-2001 est l'homologue de celle du 30-12-1982 qui donna lieu un saros (18 ans 10 jours) plus tôt, à une pleine Lune encore plus lumineuse que l'éclipse détentrice du record pour le XXIe siècle. Cela confirme, si besoin en était, que l'occurrence d'une pleine Lune lumineuse résulte tout autant de considérations relatives aux nuds que relatives aux apsides.
Crédits : les éphémérides ont été calculées grâce au serveur d'éphémérides de l'Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE-OP) http://www.bdl.fr/ et Minitel 36 15 BDL. Les positions sont issues de la théorie planétaire VSOP87/ELP2000-82B. Le calcul de la magnitude visuelle apparente de la Lune tient compte de la fonction de phase de la Lune qui est calculée suivant la loi de Hapke incluant un facteur de correction dû à la rugosité macroscopique (Theory of reflectance and emittance spectroscopy, B. Hapke, Cambridge University Press, 1993). Les valeurs numériques des paramètres utilisés sont issues des travaux de P. Helfenstein et J. Veverka, Icarus 72, p.342-357, 1987. .
Sauf indication contraire, les heures sont données en Temps Universel (UT). Ajouter 1h (heure d'hiver) ou 2h (heure d'été) pour obtenir l'heure légale en usage en France. Le Temps Terrestre (TT) dont il est fait mention dans le tableau s'apparente au Temps Dynamique (TD) et diffère peu du Temps Universel (TT - UT = 64s en 2001).
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