À un an ou presque de l'éclipse du 11 août 1999, voici
le point des actions de notre société.
La décision de faire de l'éclipse de
1999 un moment fort de la vie de la Société Astronomique de France à la
hauteur de l'événement remonte à 1993 et la montée en puissance à l'été
1997. Philippe de La Cotardière coordonne le projet ; Joël Minois et Agnès
Bourdonneau y travaillent à temps plein et ils ne sont pas seuls à déployer
de l'énergie : Patrick Arrivetz, Mourad Cherfi, Daniel Crussaire, Gilles
Dawidowicz, Mireille Hibon, Michel Laurent, Michel Sarrazin et d'autres
encore sont de la partie. Ceci sans compter l'équipe qui, autour d'Agnès
Acker à Strasbourg, assure la liaison avec l'Europe, ni les correspondants
locaux et les nombreux clubs et associations qui travaillent sur le terrain
et pas seulement dans la bande de totalité.
Nos efforts portent sur deux axes : l'information et l'éducation d'une part, l'observation de l'autre ; l'ensemble étant évidemment soumis à des impératifs financiers.
Les premiers documents
Vous avez tous vu l'hiver dernier nos documents de sensibilisation : la carte postale et le triptyque qui sont toujours en vente et à la disposition de tous.
Les expositions
Elles sont deux. La première est en chantier depuis plusieurs semaines et nous avons été guidés pour sa forme par la considération suivante : elle doit être vue pendant une période relativement courte d'un maximum de personnes réparties partout en France. Il était donc hors de question de faire une exposition itinérante, d'où l'idée de la reproduire en plusieurs centaines d'exemplaires et de la diffuser largement. Le support devait donc être souple et les dimensions permettre l'envoi par la poste. Elle sera composée de vingt panneaux de 60 x 80 cm, imprimés en quadrichromie sur papier fort et pelliculés sur la face avant. Nous y présentons le Système solaire, le Soleil, les éclipses, l'éclipse du 11 août 1999. Elle a pour auteur Laurent Petitbon, Docteur en astrophysique qui y travaille sous la direction d'un comité de pilotage SAF.
Autour de vous, un lycée, un collège, une maison de la culture, une municipalité, etc. peuvent en avoir besoin, alors n'hésitez par à le leur faire savoir. Cette exposition, accompagnée de 25 affiches au format A3 pour la publicité locale, est vendue au prix de 3000 F HT franco de port. Elle sera disponible début décembre 1998.
La seconde exposition est un projet avec la Ville de Paris et sera très certainement visible à l'Hôtel de Ville de Paris de mai à septembre 1999.
Des ouvrages pour tous les niveaux
Nous avons participé à l'édition par
Masson d'un très beau livre de Serge Koutchmy et Pierre Guillermier
intitulé Eclipses totales. Ce livre, paru à la fin du mois de juin 1998,
connaît déjà un succès intéressant. Il réalise la synthèse difficile des
connaissances de pointe et des besoins du grand public. Il est vendu 158 F
au siège. Nous pouvons vous l'expédier moyennant 12 F de port.
Nous serons
aussi coéditeurs d'un ouvrage grand public et bon marché écrit par Philippe
de La Cotardière. Cet ouvrage paraîtra au printemps prochain. Son prix sera
de l'ordre de 50 F.
L'Astronomie, les Éphémérides et les sites Internet
Vous verrez dans les prochains numéros de L'Astronomie des
articles consacrés aux éclipses en général et bien sûr à l'éclipse de
1999.
Les Ephémérides pour 1999 consacrent un important chapitre à
l'éclipse. Vous y lirez dès octobre toutes les indications propres à vous
permettre de préparer votre observation, où que vous soyez.
Vous trouverez
des indications analogues augmentées de facilités de calcul sur le site
Internet commun Société Astronomique de France et Institut d'Astrophysique
de Paris/CNRS (www.iap.fr/eclipse99). Ce site, ouvert depuis la fin du mois
de mai 1998, est alimenté régulièrement des initiatives nationales et
locales de la SAF et des clubs qui veulent bien nous en informer. Il
complète le site normal de la SAF (www.iap.fr/saf) ouvert depuis le début
de 1996.
Les sites d'observation
Quand on a une éclipse
totale de Soleil à sa porte, on ne se contente pas d'en parler, on cherche
à la faire observer par autant de personnes que possible, on se préoccupe
de sites d'observation ; c'est ce que nous faisons activement. Ces sites
sont évidemment concentrés dans la bande de totalité mais nous n'oublions
pas que l'éclipse sera exceptionnellement importante dans tout le reste de
la France. Nous l'oublions d'autant moins que nous sommes fréquemment
sollicités par des organismes (municipalités ou autres) chez qui le club
local d'astronomie, qui ne peut être au four et au moulin, ne peut à la
fois organiser un voyage vers la bande de totalité et assurer une
observation locale. Il nous est alors demandé d'aider l'organisme en
question à gérer le problème en accord avec le club et les astronomes
amateurs locaux.
Pour ce qui concerne la bande de totalité, nous
organisons des sites d'observation qui pour le moment permettent d'héberger
plus de 10 000 personnes. Les seuls dont nous pouvons parler officiellement
sont le site de Noyon et celui de Coucy, les accords avec les autres sites
étant encore en cours d'élaboration. Ils sont répartis sur toute la bande
de totalité, depuis la Manche et la Haute Normandie jusqu'à la Lorraine et
l'Alsace en passant par l'Aisne, la Champagne et les Ardennes où on a
compris que le meilleur moyen de n'avoir pas trop d'installations sauvages
était de les canaliser. Ces sites seront dotés de "montreurs d'éclipses"
que nous formerons à tous les aspects du phénomène afin que les spectateurs
néophytes en tirent le meilleur parti et que les chevronnés soient libérés
en particulier de l'aspect chronométrage et cela en assurant une sécurité
absolue pour la vue.
Sur ces sites seront réservés à ceux qui le désirent
les 20 à 25 m2 nécessaires au déploiement de leurs appareils avec en
général des facilités. L'accès en sera bien entendu gratuit mais une
réservation est nécessaire et pourra être faite dès le mois de septembre au
siège de la Société Astronomique de France.
Vu l'expérience des autres
éclipses, nous pensons que celle-ci va déplacer, rien que pour la France, 5
à 10 millions de personnes qui vont se répartir non pas sur toute la bande
de totalité mais sur quelques kilomètres de part et d'autre de la ligne
centrale et nous assisterons donc à une multiplication par un facteur assez
important de la population de cette zone. Nous avons donc envoyé des
dossiers aux responsables locaux pour attirer leur attention sur un certain
nombre de points et notamment la nécessité d'organiser des sites afin
d'éviter bien des désagréments aux propriétaires, aux agriculteurs en
particulier. La France n'est en effet pas un désert. Il n'y a pas de
parcelle sans propriétaire et seuls sont accessibles à tous et sans
autorisation les bas-côtés des routes.
La météorologie
Les incertitudes de la météo sont un paramètre important. On nous a déjà demandé ce que nous comptions faire en cas de mauvais temps. La seule réponse possible est que nous mettrons nos imperméables. Les derniers progrès de la météo avec les prévisions à 7 jours viennent un peu compliquer le problème, on nous demande maintenant s'il est possible d'arriver à la dernière minute, élément dont on ne peut pas dire qu'il contribue à la facilité de l'organisation.
Les expéditions
Honoré Arioli en prépare une en Turquie.
Les protections visuelles
Les moyens de protection visuelle sont
bien entendu au centre de nos préoccupations. L'Académie Nationale de
Médecine s'est prononcée sur l'aspect technique de la question le 30 juin
1998. Pour la mise en pratique, l'outil industriel est bien incapable de
fournir en quelques semaines le nombre de filtres nécessaires. Il faudrait
s'approvisionner dès maintenant et les fournisseurs aiment être payés.
C'est donc un énorme effort de trésorerie et quand nous disons énorme,
c'est vraiment monstrueux par rapport à la fortune des sociétés et
associations s'intéressant à l'astronomie, par rapport même aux espoirs les
plus optimistes de mécénat : 1 million de filtres, quelle que soit leur
forme, c'est au bas mot 2 millions de francs. Multipliez par le nombre
nécessaire rien qu'en France et vous avez l'argent qu'il faut avancer. On
se demande avec inquiétude quel est l'organisme qui en est capable.
Pour le
moment, la Société Astronomique de France est en mesure de proposer des
verres de soudeur de grade 14 d'un excellent confort visuel mais dont la
diffusion en nombre énorme est difficilement envisageable. Nous nous
penchons aussi sur la question de lunettes plus légères et une solution
satisfaisante est toute proche.
Faut-il préciser que
toutes ces activités sont fort onéreuses ? Il y a l'exposition, les
documents écrits, les filtres, quelques personnes qui travaillent
pratiquement à plein temps sur le sujet.
Tout ceci avec en plus le désir
que pour le public cela soit proche de la gratuité. C'est d'ailleurs un
désir étrange qui nous saisit là. Tout comme l'éclipse, les poissons de la
mer sont à tout le monde et quand on veut aller les voir de plus près,
personne ne trouve anormal de contribuer à la vie du club de plongée qui
vous harnache le temps de l'exploration.
Les produits dérivés
Une manière de rentrer (très partiellement) dans nos dépenses passe par la production de "produits dérivés". L'Astronomie a fait état de quelques-uns de ceux que nous créons pour l'occasion : broches, cravates, casquettes, écharpes, polos, T-shirts, montres, puzzles et d'autres encore qui sont à l'étude. Mais si cette action est très classique, elle est bien insuffisante pour équilibrer une opération comme cette éclipse.
La recherche de mécènes
Nous recherchons donc activement des mécènes et ce n'est pas facile. Le personnage à qui vous suggérez que s'il avait un ou deux millions de francs (actuels, il va sans dire) en trop, vous sauriez en faire un usage intelligent, ce personnage donc est à la tête de dizaines, de centaines et même parfois de milliers de dossiers du même genre dont certains lui parlent plus qu'une éclipse totale de Soleil dont il ne sait pas ce que c'est puisque la dernière à Paris remonte à 1724, et en France à 1961, alors que le football, le cinéma, les courses de bateaux, les courses d'automobiles, lui sont des sujets familiers. Il ne vous donnera satisfaction que si vous avez su toucher sa fibre sensible, le convaincre que c'est l'affaire de sa vie, etc... Ajoutez un handicap qui est que le footballeur, le loup de mer et le fou du volant ont l'habitude de ce genre de démarche et pas nous. C'est d'ailleurs une des raisons qui nous ont conduit à nous faire aider d'un partenaire spécialisé pour cette recherche.
Vous voilà donc informés des efforts que fait votre
Société à l'occasion de cet événement exceptionnel. Faut-il préciser que
nous faisons tout pour que ce projet soit une réussite ?
Mais faut-il
préciser aussi que tout ceci ne peut aboutir que si vos efforts se
conjuguent à ceux du noyau qui agit rue Beethoven, si nous nous épaulons
mutuellement, comme dans toute association qui se respecte ? Le champ est
vaste : depuis la diffusion de l'information à l'organisation de sites
d'observation, en passant par la contribution à la formation, l'aide à
recueillir des financements et bien d'autres actions encore. Devant une
aussi large fourchette de possibilités, chaque membre de la Société
Astronomique de France doit pouvoir trouver le moyen d'action dans lequel
il excelle, dans lequel il pourra s'extérioriser utilement tant pour sa
satisfaction que pour celle de tous ses collègues. N'hésitez pas à vous
manifester, à nous faire part de vos goûts et possibilités afin que toute
cette bonne volonté et toute cette énergie trouve son meilleur emploi pour
la plus grande satisfaction de tous ceux, membres ou pas de la Société
Astronomique de France, qui assisteront à ce phénomène.
Roger Ferlet
Président de la Société Astronomique de France
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