Le paragraphe 4 donne, en colonne 3, l'instrumentation et les équipements utilisés.
On constate que deux observateurs seulement pratiquent le dessin. Fait sans précédent, la Commission n'a reçu aucune photographie de Mars.
Ceci n'est pas très étonnant car les effets de la turbulence sont désastreux pour les faibles hauteurs des planètes sur l'horizon. Mars se situait, lors de son passage au méridien, entre 12,5° pour les observateurs du Nord de la France et 21° pour ceux des Pyrénées-Orientales.
On remarque aussi que la photographie n'a pas tenté davantage les observateurs français demeurant à des latitudes géographiques plus australes ; nous pensons en particulier aux habitants des départements et territoires français d'outre-mer.
Deux personnes utilisant une caméra CCD ont fourni des images. Il y a pratiquement 500 caméras CCD en utilisation en France, mais très peu d'observateurs de planètes. Il faut avoir le courage de dire que la chasse à la belle image est incompatible avec une turbulence importante, la forte déclinaison négative de Mars en 2001 entraînait à son passage au méridien, une faible hauteur sur l'horizon, d'où forte turbulence. Ceci a certainement rebuté beaucoup d'observateurs.
Un outil tout à fait nouveau pour l'observation planétaire, une petite caméra vidéo numérique, a fait son apparition depuis peu dans la panoplie des instruments utilisés jusqu'ici par les astronomes amateurs. Il existe de nombreux types de petites caméras dites de vidéo conférence. Dans la suite de ce texte, le vocable "webcam" sera utilisé pour désigner ces dispositifs.
Un groupe de quatre astronomes amateurs français, travaillant isolément les uns des
autres, essayaient de produire des images du ciel, de la Lune en particulier, en plaçant une webcam au foyer d'un
instrument d'astronomie.
C'est à Michel Collart que revient le mérite, en avril 1998, de placer sur
Internet les premières images de la Lune saisies avec une webcam, démunie de son optique et placée
au foyer d'un instrument d'astronomie. Vinrent peu après, les images de Jupiter et de Saturne, obtenues par
projection de l'image primaire. Ses premiers essais avaient été faits en février 1998,
et sa page Web créée en août de la même année.
Les utilisateurs de webcams devenant
nombreux, Michel Collart a créé aussitôt un site Web dénommé "Astrocam" et
une liste de diffusion dans laquelle les utilisateurs de ce matériel peuvent s'exprimer.
Il est difficile de définir une antériorité, au plan international, pour
cette idée de placer une webcam démunie de son optique au foyer d'un instrument à des fins
astronomiques.
Citons, par souci de précision, la parution d'un article sur ce sujet, dans Sky and
Telescope n° 95 (juin 1998) signé par un auteur américain et la parution d'un article
de Michel Collart, dans le n° 9 (septembre/octobre 1998) de la revue Eclipse, dont le texte avait
été remis en mai 1998 pour impression.
Par la suite, des logiciels de tri des images brutes et de traitement approprié à celles-ci ont été rapidement développés par d'autres collègues utilisateurs de webcams. Nous aurons l'occasion d'en reparler.
Les images de bonne qualité produites par ces petites caméras permettent d'effectuer les travaux de suivi des évolutions des détails visibles à la surface des planètes, en particulier Mars et Jupiter, selon les méthodes utilisées au sein de la Commission des Planètes de la Société Astronomique de France.
Pour l'instant, la Commission des Planètes a reçu la contribution de cinq utilisateurs de ce type de matériel. Le nombre d'utilisateurs de webcams est beaucoup plus grand, mais les plus nombreux se contentent de placer leurs images dans un site Web personnel qu'il est matériellement impossible au rapporteur de visiter, ou tout simplement dans un tiroir, ce qui est désolant.
Dernière mise à jour le 23 mars 2001.
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