Éditorial - septembre 2004, volume 118



Éditorial

Du 18 au 25 juillet 2004, s'est tenue au Palais des Congrès de Paris la 35e Assemblée Générale Scientifique du COSPAR (COmmittee on SPAce Research). Le COSPAR avait été fondé en octobre 1958, juste un an après le lancement de Spoutnik 1. Placé sous l'égide de l'ICSU (International Council of Scientific Unions), soutenu par l'ONU et l'UNESCO, il permettait alors, en pleine guerre froide, aux scientifiques impliqués dans les techniques et recherches spatiales de se rencontrer en dehors de l'arène politique. La première assemblée scientifique avait rassemblé 168 participants à Nice en 1960. Celle de Paris, en 2004, en a rassemblé près de 2500. La finalité première de vaincre une polarisation politique ayant disparu, le COSPAR est maintenant un forum mondial de recherche spatiale auquel les scientifiques de plus de 60 pays ont le sentiment d'appartenir.

Les lecteurs de L'Astronomie sont familiers du poids de l'exploration spatiale dans notre quête pour la connaissance de l'Univers, par les nombreux articles de chercheurs relatant les résultats de ces techniques. Le présent numéro est consacré à l'astronomie spatiale. Personne n'était mieux placé que Roger Maurice Bonnet, actuel Président du COSPAR, ancien directeur de la science à l'Agence Spatiale Européenne, pour introduire cette "révolution" de l'espace, dans laquelle les laboratoires de recherche et les observatoires français sont très impliqués. Dans ces efforts, laboratoires et équipes sont soutenus par le Centre National d'Etudes Spatiales (le CNES, agence spatiale française) qui finance instrumentation et exploitation des résultats, en partenariat avec le CNRS, les Observatoires, les Universités auxquels sont rattachés les personnels tant chercheurs et chercheurs-enseignants, qu'ingénieurs et techniciens, dont le rôle est essentiel pour la mise en œuvre de ces techniques. Les liens avec le CNES, et l'industrie spatiale sont souvent très étroits, et de véritables partenariats s'établissent. Les laboratoires français collaborent avec la plupart des grandes agences nationales et internationales et avec de nombreux groupes industriels spatiaux.

Il existe une véritable synergie entre projets spatiaux et projets au sol. Bien évidemment sur le plan scientifique, où la complémentarité des observations est souvent essentielle, mais aussi sur le plan technique, pour les laboratoires et équipes qui développent et fabriquent de l'instrumentation spatiale, destinée à être embarquée sur satellites et sondes spatiales. La méthodologie nécessaire à la participation aux grands projets spatiaux internationaux conduit à une démarche de rigueur dont bénéficient aussi les projets au sol. Mais les innovations des instrumentations spatiales ne sont-elles pas issues de la prolongation de développements d'instruments au sol. Observations et techniques au sol et depuis l'espace sont maintenant étroitement liées pour le meilleur de l'astronomie.

Jean-Louis Bougeret
Directeur du Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique
(LESIA, UMR CNRS 8109 – Observatoire de Paris)

Après le succès du numéro spécial "20 ans de Français dans l'espace", c'est un nouveau défi que s'est lancé la Rédaction de L'Astronomie, soutenue dans ce projet par Roger Ferlet et Nicole Née. Aujourd'hui, nous sommes très heureux et aussi très fiers d'offrir à nos lecteurs ce dossier consacré à l'astronomie spatiale auquel ont collaboré des personnalités scientifiques de grand renom. Nous tenons à remercier chaleureusement tous les auteurs d'articles qui ont, chacun dans leur spécialité, apporté avec talent leur pierre à l'édifice.

La Rédaction

 


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