Éditorial – mars-avril 2007, volume 121



Éditorial

Dans les années 60, Russes et Américains se sont lancés dans l'exploration de Mars et de Vénus, les deux planètes voisines de la Terre. Puis dans les décennies suivantes, les Américains ont étendu le champ de l'exploration vers les planètes lointaines : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune sans oublier Mercure, et enfin, Pluton en 2004.

Et l'Europe dans tout ça ? Pendant les vingt premières années de l'ère spatiale, l'Europe s'est confinée dans des missions spatiales autour de la Terre : observatoires d'astronomie ou missions d'étude de l'environnement spatial de la Terre, et satellites météorologiques. Toutefois, des scientifiques européens étaient associés aux missions russes et américaines, ce qui a permis le développement d'une communauté scientifique européenne en planétologie. Dans les années 80, l'élaboration d'un programme scientifique référence à long terme par l'Agence Spatiale Européenne (ESA), a permis à l'Europe d'être présente dans l'aventure de l'exploration des planètes, soit seule, soit en collaboration internationale. C'est le lancement en 1985 de la sonde Giotto vers la comète Halley qui a vraiment marqué le démarrage d'un programme européen d'exploration du Système solaire. La mission Cassini-Huygens d'exploration de Saturne et de Titan en collaboration avec les Américains permet à l'Europe de confirmer ses ambitions planétaires. Ont suivi des missions vers Mars, la Lune, Vénus, la comète Churyumov-Gerasimenko, puis bientôt Mercure en collaboration avec les Japonais.

L'Europe est également présente, par l'intermédiaire de certains pays et dans le cadre de collaborations avec les Américains, dans l'exploration de Mars, et dans des missions de retour d'échantillons ; elle collabore aussi avec l'Inde et bientôt la Chine pour l'exploration de la Lune. Avec la mission COROT partie en décembre 2006 , l'Europe grâce au CNES (Centre National d'Études Spatiales, l'Agence Spatiale française), s'est lancée dans la quête des exoplanètes. Et, bien sûr, la Terre n'est pas oubliée ! Avec le déploiement de satellites météorologiques et d'observation de la Terre, l'Europe, s'est maintenant dotée d'un vrai programme d'observations scientifiques de notre planète, soit par l'intermédiaire de l'ESA, soit dans le cadre de programmes nationaux, certains en collaboration internationale.

L'exploration des planètes se fait aussi en Europe depuis le sol grâce aux observatoires nationaux et européens (ceux-ci gérés par l'ESO, Observatoire Européen Austral). Par ailleurs, de grands moyens de simulation numérique sont développés en Europe pour la modélisation de la formation et de l'évolution du Système solaire, de la dynamique globale des atmosphères planétaires (Terre, Mars, Vénus, Titan). Un autre volet, peut-être moins connu, mais tout aussi important, est le travail de laboratoire fait pour aider à l'interprétation des résultats des missions spatiales ou pour préparer les instruments des missions futures. Les laboratoires qui travaillent sur la planétologie en Europe sont en train de se mettre en réseau afin de mieux utiliser les ressources disponibles en Europe pour être plus compétitifs sur la scène internationale, mais aussi pour mieux préparer les nouvelles collaborations qui vont se mettre en place. Cette mise en réseau des laboratoires européens se fait dans le cadre du projet EUROPLANET, financé par le 6e Plan Cadre de l'Union Européenne.

L'union fera la force de la planétologie en Europe !

Jean-Pierre Lebreton
Responsable de la Mission Huygens pour l'ESA
Coordinateur des activités de vulgarisation scientifique pour EUROPLANET


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